« Quand on parle vin, on parle international, mais l’export ne s’improvise pas. » Contraintes réglementaires, spécificités culturelles ou encore contexte géopolitique imposent une approche structurée et collective.
Des marchés internationaux aux dynamiques contrastées
L’Allemagne, marché stable et historiquement ancré, reste le premier débouché des vins d’Occitanie. Les États-Unis, 5ᵉ, représentent un marché majeur mais très perturbé, marqué par une forte instabilité avec des conditions d’accès qui varient selon les périodes. La Chine, quant à elle, affiche un rebond significatif après plusieurs années de baisse et se hisse à la 10ᵉ place.
C’est principalement autour de ces trois marchés que se concentrent les efforts d’accompagnement et d’aides à l’export aujourd’hui.
Le Canada, un marché stratégique en mutation
Au cœur des discussions, le Canada s’impose comme une destination à fort potentiel. Huitième puissance économique mondiale et 12ᵉ marché du vin au monde, le pays importe 70 % de sa consommation ; c’est aujourd’hui le 6ᵉ débouché des vins d’Occitanie.
Polarisé entre entrée de gamme sous tension et segments premium en croissance, le marché évolue avec la montée en puissance des AOP et l’attrait pour les vins bio. Au Québec, province clé, « le vin prime désormais sur la bière », avec des consommateurs plus jeunes, majoritairement friands de vins rouges légers et de blancs secs, particulièrement attentifs aux cépages, au taux de sucre, au degré d’alcool ou encore aux valeurs éco-responsables.
« C’est très intéressant, cela nous permet de voir si on arrive à rentrer dans les cases », réagit un professionnel.
Des clés d’accès et une stratégie collective
Au-delà des tendances à prendre en compte, l’accès au marché canadien repose sur la SAQ, société d’État qui détient le monopole sur l'importation, la distribution et la vente de boissons alcoolisées. Le choix d’un agent local, la capacité à répondre aux appels d’offres et l’adaptation des produits sont déterminants. Tarifs, contre-étiquette, formats, poids des bouteilles, ou encore animation de la force de vente, de nombreux points clés sont abordés.
« Il faut les faire venir ici, leur montrer nos domaines, leur raconter notre histoire et leur faire vivre une expérience. On sait vendre nos vins. » L’œnotourisme apparaît également comme un levier complémentaire ; des idées émergent déjà et les échanges, enthousiastes, se poursuivent sans modération.
Une dynamique territoriale à renforcer
Pour la Métropole, l’enjeu est clair : « Nous souhaitons densifier les liens économiques et faciliter le business avec le Canada et plus particulièrement le Québec ». Il existe déjà de belles réussites dans les domaines d’excellence du numérique, des ICC, de la santé notamment ; la filière viticole dispose également de sérieux atouts pour faire rayonner le territoire.
Le 2 juin prochain, le Forum économique France-Québec sera l’occasion de conforter les partenariats, tandis que l’envoi d’une délégation est en préparation pour l’automne. « On sème pour récolter », résume un participant, illustrant l’esprit collectif qui anime la filière dans ce nouveau défi.


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